Qu’est-ce que la « maladie chronique » ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), définit la « maladie chronique » comme une affection de longue durée qui évolue avec le temps. Le diabète et l’obésité en font donc partie. J’ai dédié une partie de mes travaux universitaires et de mon expérience professionnelle à ces deux maladies.

Le diabète

Les étapes du deuil suivant l’annonce du diabète.

Qu’il soit de type 1 (diabète-insulino-dépendant, DID) ou 2 (diabète-non-insulino-dépendant, DNID), le diabète peut être considéré comme une maladie chronique difficile à vivre au quotidien. L’annonce de la maladie amène souvent effroi et impression que la vie ne sera plus jamais comme avant. L’acceptation d’avoir du diabète ne peut se faire sans un travail de deuil.

Ce travail de deuil nécessite souvent de passer par plusieurs étapes

  • Le choc ou le déni, période durant laquelle on ne réalise pas ce qui nous arrive. Les émotions sont comme absentes.
  • La colère, période durant laquelle on va se révolter contre ce qui nous arrive, éprouver de la culpabilité. Comme si la survenue du diabète était de notre faute. C’est une étape où surgissent beaucoup de questionnements.
  • Le marchandage, qui est une période de négociation, « le diabète pourrait-il disparaître ? » « Si je fais telle ou telle action, peut-être que je pourrais supprimer l’insuline ? »
  • La dépression, caractérisée par de la tristesse, des remises en question, voire de la détresse.
  • L’acceptation, où l’on comprend et accepte la réalité du diagnostic, où on commence à devenir acteur de sa prise en charge. On envisage alors la vie plus sereinement avec son diabète.

Perte de motivation

Tout au long de la vie, le patient peut être en proie à une lassitude, une envie de tout lâcher, d’arrêter son traitement ou de manger ce que bon lui semble. La contrainte induite par le diabète peut alors devenir insupportable pour le patient. Ainsi, dans la durée, il ne parvient plus à faire ses injections, ses contrôles glycémiques ou à manger de manière équilibrée. Cette non compliance peut entraîner des complications et des difficultés à plus ou moins long terme qu’il est important de limiter. Un entretien motivationnel peut aider le patient diabétique à reprendre en main son traitement.

Traiter l’angoisse

D’autres patients sont sans cesse hantés par la peur des complications. Cette épée de Damoclès, les plongera alors dans une angoisse ou une dépression paralysante. Le plaisir de manger n’existe plus car pris dans un hyper-contrôle. Les injections peuvent parfois être modifiées, provoquant des hypoglycémies par peur de voir son diabète monter.

Accompagner lors des complications

Lorsque les complications du diabète surviennent, un nouveau travail de deuil est à faire : le deuil de son corps en bonne santé.

En tant que psychologue, je vous accompagne, lors de toutes ces étapes, par des entretiens individuels, pour les adultes, ou familiaux pour les enfants. Il peut s’agir de séances ponctuelles, des psychothérapies de soutien, ou de suivis plus réguliers, en fonction de la demande du patient.

Maladie Chronique Blandine MACHEFERT psychologue Toulon

L’obésité : une maladie chronique

Elle correspond à un indice de masse corporel (IMC) supérieur à 30 kg.m². On la classe parmi les maladies chroniques.

Maladie : car elle s’accompagne souvent de complications somatiques (diabète, hypertension, syndrome d’apnée du sommeil, douleurs articulaires).

Chronique : car c’est un phénomène qui s’établit souvent dans la durée et qui perdure malgré les différents régimes.

Composantes sociales et psychologiques de l’obésité

L’obésité est souvent source de souffrance. Elle peut s’accompagner d’un  sentiment de honte, d’un malaise corporel, ou encore d’une baisse de l’estime de soi. Certains adoptent l’évitement des lieux où le corps est trop exposé (plage, piscine, discothèques), ayant pour conséquences un isolement social, un repli sur soi. En outre, certaines activités physiques deviennent très compliquées (course à pied, randonnée, équitation, etc.) Tout cela peut entraîner des mouvements dépressifs, qui pourront venir s’élaborer lors d’entretiens psychologiques.

Étiologie de l’obésité

L’obésité a souvent une forte composante génétique, parfois elle survient avec l’ingestion de médicaments, à l’arrêt du tabac, après une grossesse, suite à un changement de vie, à l’arrêt d’une activité physique intense, à une immobilisation suite à un acciden.

Malgré des régimes souvent restrictifs, il est difficile de perdre du poids durablement.  Adopter une alimentation équilibrée et variée, ainsi que pratiquer une activité physique, est efficace à long terme mais demande beaucoup de patience et une motivation constante. Ainsi, d’espoir en désillusions, on peut se retrouver confronté à un sentiment d’échec.

Pour certains encore l’obésité fera suite à un traumatisme, et il conviendra de travailler sur celui-ci, afin de trouver une voie de sortie, par la parole, à un mal qui s’est exprimé par la voix du corps. Pour d’autres, l’obésité sera liée à un TCA tel que l’Hyperphagie Boulimique, ou Binge Eating Disorder, des grignotages continus et incontrôlés. Il conviendra alors de traiter ce Trouble du Comportement Alimentaire. Dans certains cas, l’Hypnose peut contribuer à réduire ces troubles compulsifs.

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La Chirurgie Bariatrique

Il s’agit généralement du by-pass gastrique ou de la sleeve gastrectomie. Plus  rarement de l’anneau gastrique. Elle pourra être un recours pour les personnes ayant un IMC supérieur à 40 kg.m² (obésité grade III). Mais également en cas d’IMC supérieur à 35kg.m² (obésité grade II) en cas de comorbidité :

  • Désordres métaboliques sévères : Diabète de type 2
  • Syndrome d’apnée du sommeil (SAS), autres troubles respiratoires sévères
  • Troubles ostéo-articulaires invalidantes
  • Maladies cardio vasculaires, Hypertension artérielle (HTA)
  • Stéatose hépatique non alcoolique

Un bilan psychologique au minimum est requis, afin d’obtenir l’accord pour l’opération. Le suivi post-chirurgical, quant à lui,  est conseillé mais pas obligatoire. Les changements entraînés par la chirurgie de l’obésité, sont souvent bien accueillis par le patients. Cependant, ils peuvent parfois appeler à un remaniement psychique. Une psychothérapie peut être nécessaire pour effectuer ce remaniement. Par ailleurs,  il est possible qu’une reprise de poids ait lieu après quelque temps. Cela plonge souvent le patient dans un état de détresse, un sentiment d’échec. Il est alors important de faire appel à un professionnel pour un soutien. Malgré l’amaigrissement et la chirurgie, l’obésité reste une maladie chronique. Il est donc nécessaire de maintenir un comportement vertueux, tout au long de sa vie.